Pourquoi j'ai acheté le GFX50R plutôt que le Canon EOS R5.

Test GFX50R Alexis Paoli

Avec ce titre un brin provocateur, je commence une série de quelques articles consacré au moyen format numérique Fuji GFX 50 R. Ce premier article parle de la prise en main de ce nouveau boitier, et présente une petite comparaison des différences entre ces deux appareils.

Depuis 2006, j’utilise des boitiers Canon, de l’Eos 20 D jusqu’au formidable  Eos 5DMkIV mais je rêvais secrètement du jour où je pourrai investir dans un moyen format. Je photographie principalement de l’architecture (en intérieur comme en extérieur), et depuis plusieurs années, je trouve le ratio d’image du 24x36 un peu « étriqué ». Avec cette envie d’un cadre plus « carré », le format 4/3 des chambres photos et des moyens formats est devenu mon graal.

Le prix du moyen format était jusqu’à présent un frein… les dos numériques Hasselblad ou phase one sont tout simplement inaccessibles, je n’ai pas assez de demandes de clients qui me permettraient d’amortir ces beaux joujoux à 30 000 €. Puis Pentax a sorti le 645 et 645Z, et Hasselblad a sorti l’hybride X1D puis son successeur le X1DII. Mais le parc d’optiques et/ou les tarifs proposés par ces deux marques ne m’avaient pas fait faire le grand saut. 

Fuji a cassé la baraque.

Et puis Fuji a sorti le GFX50S (2017), son petit frère plus léger le GFX50R (2018) et le monstre de 110 millions de pixels, le GFX100 (en mai 2019). En mars de cette année, le prix du GFX50R a été ramené à 3500 € pour le boitier nu et j’ai commencé à ne plus tenir en place… J’ai finalement acheté ce boitier 10 jours à peine avant l’annonce de sortie du Canon R5, et je suis conquis.

Et Canon fabrique des couteaux suisses…

Tout le monde en parlait depuis près de 6 mois, on sait enfin ce que le Canon R5 a dans le ventre… 45 millions de pixels, de la vidéo en 8k, un capteur stabilisé, des rafales de 20 images/seconde… et un prix supérieur à celui du Canon Eos 5DMkIV à sa sortie. Cet appareil devrait mettre tout le monde d’accord, mais la lecture de ces caractéristiques ne m’a pas convaincu. 

Je ne fais pas de photo de sport, pas plus que de la vidéo, travaille très souvent sur trépied… du coup la plupart des avancées techniques du R5 ne me servent tout simplement à rien… 

La découverte d’un autre monde

Avec l’arrive du GFX50R dans mon sac, c’est un autre monde qui s’ouvre à moi : autre fabricant, nouveau type d’appareil (hybride au lieu de reflex) et format d’image différent… les premiers clichés me donnent l’impression de redevenir amateur. C’est un peu frustrant et très agréable en même temps. Je dois revoir ma façon de faire des images, comprendre la logique Fuji, m’adapter à de nouvelles contraintes. Mais ce qui me remplit de bonheur dès le premier cliché c’est la qualité des photos : les couleurs sont plus riches et vibrantes que sur mon 5DMkIV, les nuances plus fines, la taille des pixels sur un grand capteur joue beaucoup, on obtient des fichiers magnifiques, avec une grande latitude de post-production. 

Je peste beaucoup sur les nombreux menus et boutons (trop nombreux à mon gout), mais les possibilités de réglages de ce boitier sont infinies. Il faut juste trouver ses marques, garder ce qui nous sert et désactiver le reste… Et c’est tout à fait possible.

Des objectifs Fuji d’une qualité incroyable.

Le prix des objectifs étant un peu salé, je n’ai acheté pour le moment qu’une seul optique, le Fuji GF 50 mm f/3,5 R LM WR. Je suis scotché par la précision de ce caillou ! Le piqué est dingue, on ne pense pas une seconde qu’il s’agit là de l’optique « économique » de Fuji pour permettre aux amateurs de s’équiper à bon compte. La construction est soignée, les bagues de diaphragme et de mise au point tournent comme des horloges suisses. Le tout est tropicalisé. Je n’ose pas imaginer ce que donneront les Fuji GF 30 MM F/3,5 R WR ou GF 110MM F/2 R LM WR… 

Mais pour le moment, le parc d’objectifs de Fuji ne répond pas tout à fait à mes besoins, fort heureusement il y a des solutions toutes trouvées.

Un parc optique phénoménal grâce à des adaptateurs.

Un dernier point me freinait fortement dans mon achat de ce boitier : les optiques grands angles et à décentrement. Pour les extérieurs, faire de la photo d’architecture sans possibilité de décentrement est juste impossible. Pour les intérieurs, un zoom 16/35 mm (équivalent 35mm) est la focale qui me sert le plus… 

En attendant que Fuji sorte une gamme dédiée à l’architecture (j’y crois très fort), il y a heureusement une solution : les adaptateurs et les optiques d’autres marques. J’ai donc pu à l’aide de la bague Viltrox EF-GFX, profiter des certaines optiques Canon, dont mes optiques à décentrement : les Canon TS-E 24 mm f/3.5L II et Canon TS-E 17mm f/4L. Il faut savoir que le cercle d’image produit par ces deux optiques est suffisamment grand pour le capteur du Fuji, et offre même la possibilité de décentrer. 

En fouillant un peu les forums, je me rends compte que de très nombreux objectifs peuvent être utilisés sur ce boitier : optiques Leica, Pentax, Hasselblad… Les possibilités créatives sont très larges, et chacun peut trouver la combinaison souhaitée. 

Premières conclusions.

J’adore ce boitier. Il a une vraie personnalité et son look ne laisse pas indifférent. Les 5DMkIV sont des boitiers fantastiques et je ne doute pas que Canon a produit avec le R5 une nouvelle référence en termes d’appareils, mais il leur manque ce petit quelque chose qui rend l’objet attachant. Je ne regrette pas du tout mon choix, ni de ne pas avoir commandé le R5 de Canon…

Avec Fuji on entre dans un autre monde, moins polyvalent, moins rapide… mais j’ai un vrai coup de cœur pour cet appareil et les images qu’il produit sont somptueuses.

Dans les prochains articles, je vous parlerai d’avantage de ce boitier pour un usage « architecture », des différents objectifs que j’aurai pu utiliser, et de mon ressenti après plusieurs semaines d’utilisation.

N’hésitez pas à commenter cet article, à me poser des questions ou à proposer votre point de vue sur ce magnifique appareil.

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Michael Wesely: The Museum of Modern Art‚ New York (7.8.2001 - 7.6.2004)